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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 07:00

Le Café pédagogique, http://www.mulhouse.fr/fr/cafe-pedagogique/ à Mulhouse, organisé par le service Education de la ville, l’Université Populaire de Haute-Alsace, a abordé lors de sa dernière réunion, la question des tablettes électroniques à l’école primaire.

Evidemment, pour un sujet qui m'intéresse autant, je suis allé assister à cette rencontre.

 

Relation d’une expérience récente : A la rentrée de septembre 2013, chaque élève d’un CM1 – CM2 d’une école élémentaire de Mulhouse s’est vu confier « personnellement » un iPad 16 GO. C’est la seule classe entièrement dotée, le coût de chaque machine a été d’environ 400 €.

Contexte :

Après avoir été en contact avec la ville de Mulhouse comme animateur TICE (3 circonscriptions sur la ville), et fort donc de son image de « professeur référent en informatique », Michel WIEDERKEHR s’est vu proposer une expérimentation avec une classe de l’école élémentaire du Haut-Poirier.

 

Utilisateur à titre personnel depuis 2010, ce professeur considère que ces tablettes sont des interfaces idéales de consultation.

Le professeur a vécu cette dotation comme un formidable cadeau qui demande du boulot.

Modalités d’organisation :

Ce fut un investissement conséquent pour la ville. Les tablettes ne vont pas à la maison, même si elles sont « personnellement » confiées à chaque écolier. Ce sont des « objets de convoitise » qui pourraient susciter des agressions. Il faut aussi penser à lutter contre une éventuelle casse.

Dans la classe, ce sont des outils comme le sont livres, cahier ou autre ardoise. L’utilisation se fait au maximum pendant 1 h 30 par jour, et il y a parfois « pause numérique » dans la semaine ; une journée sans tablette.

Les avantages pour la classe sont : un allumage instantané – pas (ou très peu) de bug – un retour à l’état initial du terminal – une grande maniabilité – une certaine rusticité rendant ces outils faciles à utiliser.

La prise en main a demandé… 10 mn aux écoliers.

Ces tablettes communiquent grâce au Wi-Fi[1] – et les capacités nécessaires demandent une offre de service bien dimensionnée (26 tablettes simultanément). Il faut aussi créer (et assurer la mise à jour ensuite) des comptes Apple sur le cloud.

 

La question centrale, après les réseaux, est celle des ressources pédagogiques et des outils.

Le site du Men EDUSCOL permet de s’en procurer, gratuitement, mais il faut envisager un crédit pour éventuellement acquérir d’autres produits.

 

Conditions nécessaires, mais pas forcément suffisantes :

Un professeur demandeur, qui souhaite mener une expérience d’utilisation de cet outil.

Un accompagnement technique, un correspondant connu, et disponible.

 

Un outil très puissant :

Ces outils offrent d’énormes possibilités, mais quel usage en faire en classe, avec par exemple du son et de la vidéo ?

Les enfants savent utiliser l’auto-apprentissage, et il existe un monitorat entre écoliers. Par contre très vite la question du contrôle des usages personnels est posée, par exemple l’accès aux réseaux sociaux[2] est proscrit.

 

L’utilisation en classe

Le professeur a fait le choix de construire un site pour la classe.

·         Il permet d’héberger (et de publier) les travaux des élèves.

·         C’est un outil de partage avec les familles.

A priori toutes les familles sont équipées d’un outil permettant de consulter ce site, même si parfois le matériel familial est ponctuellement en  panne.

 

On trouve sur le site, les devoirs en ligne ; ces exercices sont à faire depuis l’iPad pendant la dernière demi-heure de classe, mais peuvent être consultés et repris ensuite.

On trouve sur ce site des photos, des exercices, des dessins à l’usage limité. Le professeur se montre très attentif au droit à l’image des enfants, à la question de la propriété intellectuelle des œuvres produites.

Des évaluations ont été proposées (Google doc pour construire les formulaires). Mais c’est un gros travail…

La question se pose aussi de charger des applications, parfois gratuites, mais aussi payantes.

On s’approche de la notion d’un ENT, espace numérique de travail.

 

  • Pour l’adulte, progresser et être à l’aide avec cette nouvelle façon de faire la classe demande : auto-formation, veille technologique, travail de construction des outils.
  • Pour l’enfant, l’utilisation des tablettes est un outil de liberté qui suppose un contrôle de ce qui est éventuellement trouvé sur le Net, il faut sans cesse s’adapter[3] entre surveiller, cantonner les consultations, et laisser un peu de liberté.

C’est aussi de la motivation, un outil de curiosité.

 

Mais la tablette ne peut pas tout. Il faut aussi écrire en classe.

Un plaidoyer sur la découverte, puis l’entraînement qui permet in-fine l’acquisition. L’éducation c’est répéter sans ennuyer ! Cet outil nécessite un accompagnement par l’adulte. Mais il n’y a sans doute pas de vérité.

 

Premiers enseignements

Une réaction très enthousiaste des parents, malgré quelques inquiétudes vis-à-vis des ondes (Wifi).

Le site de la classe permet certes une liaison, mais il faut garder un contact direct, car les familles ne sont pas toutes familières avec l’écrit, le message électronique, parce qu’un contact direct permet de mieux s’exprimer, d’éventuellement désamorcer un conflit naissant.

C’est un outil universel, mais qui doit être limité aux contenus du programme. Et ce n’est qu’un outil, certes merveilleux, mais dont on doit aussi pouvoir se passer.

La question du droit à l’image, la propriété intellectuelle des productions, le fonctionnement et la gestion de l’environnement de travail sont à approfondir.

De même l’usage de la messagerie est restreint, il n’y a pas de diffusion libre vers l’extérieur.

Le site de classe est une solution pour filtrer les programmes, les contenus, définir ce qui est accessible, et par qui.

 

La question « idéologique » des fournisseurs d’applications, d’une interface propriétaire reste posée, ce ne sont pas des logiciels « libres », le domaine commercial est bien présent.

Le rôle de l’enseignant est capital pour construire des outils, sélectionner les ressources, car la tablette ne produit pas de miracle, il faut des bases pour progresser.

 

 

Dans une école maternelle voisine, d’autres tablettes sont disponibles. L’enseignante utilise cet outil pour enregistrer les élèves, et ensuite leur permettre de s’écouter pour améliorer leur expression orale.

Par ailleurs elle construit (écrit ?) un « livre électronique » sur le vécu de la classe.

La tablette peut ensuite être confiée aux familles pour voir ce qui se fait en classe, et amorcer un dialogue.

Toutes les familles peuvent utiliser cet outil, finalement très proche d’un « smartphone » ; Et elles prennent grand soin de cet appareil.

 

Le logiciel gratuit utilisé pour construire un livre informatique interactif en maternelle se nomme DIDAPAGE : http://www.commentcamarche.net/download/telecharger-34056118-didapages

 

Malheureusement, ces livres utilisent la technologie FLASH qui est incompatible avec les iPads (mais pas les tablettes utilisant ANDROID). http://www.cndp.fr/crdp-dijon/-Livres-multimedias-.html

 


 Réactions et questionnement d’un groupe d’auditeurs :

Rappelons que cette expérience a été présentée lors d'une séance du café pédagiogique. Les participants, réunis par table (nous sommes au restaurant, et le repas est pris en même temps) réagissent à une présentatiion de l'intervenant.

1 – Beaucoup d’émerveillement pour cet outil, l’idée d’en faire profiter les élèves.

A – quels autres usages, hormis le site de la classe, pour utiliser plus (mieux) ces tablettes ? Par exemple remplacera-t-elle les livres ?

B – sur la coopération (entre élèves), avec qui peut-on communiquer ? Ou la possession d’une tablette par élève pousse-t-elle à un travail individuel ? Est-ce un outil partagé ou un outil collaboratif ?

2 – La motivation, l’intérêt résident-t-ils dans l’aspect novateur de l’outil, ou peut-on affirmer que c’est un avantage pour construire des savoirs ?

3 – Et la suite ? Vers quoi la classe va-t-elle ?

 

Synthèse des conditions et des atouts

Tirée d’un document de M.  Wiederkehr, et complétée.

Michel.wiederkehr@ac-strasbourg.fr

 

Du point de vue de l’élève

 

·         Prise en main très facile

·         Support très attractif

·         Grande motivation pour travailler avec l’outil

·         Facilité d’accès aux ressources (dictionnaire, exercices, images, vidéo)

·         Possibilité d’enregistrer son, photos et vidéo.

 

Du point de vue de l’enseignant

 

·         Stabilité de l’appareil

·         Accès aux applications éducatives aisé

·         Accès à des ressources pédagogiques en ligne

·         Nécessité absolue de cadrer la navigation sur internet et les jeux (filtrage).

·         Temps de préparation important

·         Obligation de veille technologique et « pédagogicielle ».

 

Du point de vue des parents

 

·         Attractivité renforcée de l’école

·         Possibilité de suivre la progression des élèves (espace numérique de travail : ENT)

·         Résoudre la question de la crainte du Wifi.

Du point de la collectivité territoriale

 

·         Proposer l’équipement (de sa classe) à un enseignant motivé et utilisateur confirmé du numérique.

·         Préciser les règles d’utilisation (école – domicile ?)

·         Choisir un standard pertinent (système d’exploitation) car toutes les tablettes ne permettent pas d'utiliser tous les contenus.

·         Garantir un accès à l’internet STABLE

·         Assurer une maintenance (appareils – réseaux) fiable et rapide

·         Sécuriser le stockage des tablettes à l’école

·         Prévoir  un dispositif performant pour la recharge (malle – prises).

·         Prévoir un budget pour l’acquisition d’un minimum d’applications.



[1] Un réseau Wi-Fi (Wireless Fidelity) permet de relier sans fil plusieurs appareils informatiques (ordinateur, routeur, décodeur Internet, etc.) au sein d'un réseau informatique afin de permettre la transmission de données entre eux.

[2] Les enfants ont très vite demandé à accéder à leurs comptes Facebook. Le professeur a refusé, rappelant que normalement Facebook n’autorise pas la création d’un compte à un mineur avant 14 ans.

[3] La ville de Mulhouse fournit le haut-débit par Wifi dans cette école, mais n’administre pas les données, n’applique pas de stratégie de filtrage, de contrôle. Le professeur regrette l’absence d’un proxy permettant de filtrer les accès.

 

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Published by Patrice
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