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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 12:45

Ces notes sont personnelles, dans la mesure où elles n'ont pas été validées par les organisateurs de cette table ronde.

Table ronde académique - Doubs
« Débat national sur les rythmes scolaires »

La question des rythmes scolaires est au cœur des préoccupations de nombreux Français. Les évolutions profondes de notre société ont en effet transformé les attentes et les pratiques familiales. C’est pourquoi une large consultation est menée au niveau national et académique

 

Afin de répondre au mieux aux diversités géographiques, sociologiques, culturelles qui marquent la richesse et font la spécificité de notre région, l’académie de Besançon propose de recueillir les avis sur la question des rythmes scolaires.

 

Un calendrier complet de la consultation sur le site académique :

http://www.ac-besancon.fr/spip.php?article2428#2428

 

Table ronde lundi 29/11 – 17 h 30 à l'UTBM (Sèvenans).

Une assemblée assez modeste (75 personnes) dans un amphi.

Introduction par le recteur – M. Éric MARTIN

Il y a un siècle, la vie de la société rythmait l'école, c'est pour cela que les vacances d'été avaient été fixées à l'été, et étaient longues (travaux des champs – moisson).

Aujourd'hui c'est l'école qui rythme le temps de la société.

L'objectif de cette consultation est de réconcilier les temps de l'école, de la famille, de la société.

Les rythmes scolaires peuvent aussi améliorer la réussite des enfants, permettre un fonctionnement plus performant de l’école.

 

Les études internationales montrent que la France assure le plus d'heures de cours (annuellement) sur un nombre de jours le plus réduit.

 

Un comité de pilotage national, lancé le 7/06/2010 a déterminé une méthode :

-        auditionner des personnes  ressources

-        permettre des questionnements locaux

Des contributions sont attendues sur le site de l'académie, et mi-décembre permettront une contribution au plan national sur les particularités des rythmes scolaires franc-comtois.

 

Neuf écoles de l'Académie expérimentent la semaine de 9 demies-journées. Cette répartition existe aussi en lycée pour les sportifs de haut niveau, trois autres établissements secondaires expérimentant la répartition études le matin, sport et culture l'après-midi.

 

Deux tables rondes sont proposées :

  • Le temps de l'élève en temps scolaire
  • Le temps de l'élève, temps de la cité.

Table ronde n°1 - Le temps de l'élève en temps scolaire

Participants :

Morgan BREITNER

Daniel VIENNEY

Françoise TIBERGHIEM – médecin scolaire

Viviane KALIS – BALIN – PEEP

Michel REINICHE - VP du CG90 – chargé de l'Education

(..)

 

Le médecin rappelle que les besoins sont différents selon les âges. La question est également différente selon le lieu : rural ou urbain.

Le temps journalier de l'enfant doit comprendre une alternance d'apprentissage et de repos, il faut tenir compte du sommeil. La vigilance commence réellement en milieu de matinée, il y a un moment de fatigue universelle autour de midi. La vigilance reprend vers 15 h.

Par exemple pour un collégien[1] ou un lycéen, commencer à travailler le matin à 8 h est trop tôt. Il faut également prendre en compte la question du transport scolaire, souvent trop long (2 heure quotidiennes).

 

Sur la question des rythmes scolaires, la semaine de 4 j. a été adoptée dans la précipitation, sans examiner les enseignements de l'expérimentation. La coupure du mercredi n'est pas bonne, il faut privilégier la régularité.

Des journées équilibrées sur la semaine ne nécessitent pas de repos, le mercredi pourrait être organisé comme les quatre autres jours.

 

Il faudrait :

-        avoir plus de matinées d'apprentissages

-        éviter le samedi, notamment pour les familles recomposées

-        éviter d'ajouter à des moments peu propices des heures (aide personnalisée) alors que les journées sont déjà longues (trop chargées)

-        instaurer un transport scolaire en étoile pour éviter des temps de déplacements trop longs.

Un débat sur le coût pour les départements est esquissé, la question de la gratuité des transports (23 départements), une dépense conséquente (3,4 M€ pour le CG90...) et permet d'évoquer le positionnement de l'accompagnement éducatif (aide personnalisée ?) à midi en raison des contraintes de transports. C'est un choix contraint.

 

Une idée est émise, faire appel aux TICE pour :

-        permettre notamment en secondaire de rendre productif ces temps de transports

-        réorganiser les séquences avec une durée mieux adaptée

Une remarque : si le MP3 fait partie du quotidien des élèves, en est-il de même pour les professeurs – idée que les élèves aient sur un lecteur MP3 les cours de langue).

 

Le moi de mai, avec ses ponts et un rythme déjà « estival » est évoqué.

 

Le rythme quotidien idéal serait donc :

à l'école------ 5 h

au collège------ 6 h

au lycée ------ 7 h

mais travail personnel compris !

 

Table ronde n°2 - Le temps de l'élève, temps de la cité

Christine DAUTRICHE

Luc FAMOILLE – tourisme (camping)

Fabien CLODE – FCPE

Jacques PELLISSARD – AMF – Maire de Dole

Etienne BUTZBACH – VP du conseil régional – Maire de Belfort – Pdt CAB

 

De la précipitation à la concertation ?

Le passage du samedi matin au mercredi matin est-il dans l'intérêt de l'enfant ?

 

Le représentant du monde touristique défend plus de vacances (une année scolaire condensée) au bénéfice de l'industrie touristique. Les vacances scolaires doivent, pour lui, impérativement commencer un samedi (locations hebdomadaires).

 

Pour l'AMF il ne faut pas parcelliser la question mais s'inscrire dans une démarche globale, sur le périmètre d'une ville.

Il faut de la cohérence, rechercher une synergie des services, et proposer une offre complète aux familles.

 

Le maire de Belfort souhaite une loi. On abandonnera finalement le samedi matin, mais l'institution – école doit proposer un temps nécessaire – il faut revenir aux 9 demies-journées.

Avec les journées actuelles de 6 h de cours, les enfants ne sont pas réceptifs, les enseignants apprécient-ils ?

Il faut une égalité pour les couches de population défavorisées, certains enfants ne bénéficient pas d'un soutien à la maison. D'autres bénéficient d'une école 7 jours sur 7, grâce à leurs parents.

 

C'est bien une question d'intérêt général, et cet intérêt général ne peut être débattu au plan local. Il faut une loi cadre pour instaurer la semaine de 9 demies-journées, des pause de 2 semaines routes les 7 semaines, et réduire les congés d'été de 2 semaines.

 

Des exemples sont cités avec une organisation des journées raccourcies (cinq matinées de classe de 3 h 15) et l'après-midi organisé autrement.

Notamment avec l'aide personnalisée (actions de soutien), de l'aide aux devoirs qui commence vers 15 h 30.

 

La question des moyens supplémentaires est balayée d'un revers de manche par les deux maires présents : l'éducation est une responsabilité partagée, nous faisons déjà beaucoup, l'important est de rencontrer des volontés pour une cohérence.

 

Sur la question de l'uniformisation ou de la régulation par les collectivités locales, une adaptation locale est possible, mais dans un cadre national précis.

 

La question de l'absentéisme est évoquée, il est en baisse avec une semaine de 9 demies-journées, mais c'est peut-être lié aux contacts fréquents avec les familles, à une meilleure réussite des enfants. Mais cette réussite est également difficile à mettre en relief.

A Belfort, il n'y avait pas un absentéisme significatif à l'école élémentaire le samedi matin.

 

Les attentes des élus vis à vis de l’éducation nationale :

J. PELISSARD

Une démarche globale journée – semaine – année

Une réforme durable, ne pas se précipiter mais construire dans la durée

 

E. BUTZBACH

Que l'éducation nationale reste.. nationale. C'est une institution traumatisée qui doit se ressaisir – le passage aux 4 jours a été mal vécu.

Que l'école soit une grande cause nationale permettant aussi aux parents, aux élus de débattre ensemble.

 

Questions de la salle

Le représentant syndical voit le malaise de l'école, avec le problème des conseils d'école et de la seule réflexion des enseignants. Pour lui on aboutit à la mise en cause des enseignants qui n'étaient pas demandeurs.

Il s'interroge sur le bon périmètre sur les territoires.

Pour M. PELISSART c'est la ville le bon échelon, en faisant attention de ne pas stigmatiser les zones en difficultés. Pour M. BUTZBACH la décision doit être nationale.

 

Une question sur les rythmes, avec l'école qui se termine à 15 h 30 quand la vigilance reprend. C'est un moment où 85% des élèves restent à l'école et bénéficient d'aides diverses (aide personnalisée  accompagnement éducatif – études surveillées ou dirigées – etc..) encadrées par des professeurs et des animateurs municipaux.

 

La pause méridienne doit être d'au moins 2 heures.

 

Un DDEN rappelle que l'on réinvente l'eau chaude, qu'il y a 20 ans la réflexion avec le Ministre BEYROU avait déjà prôné la répartition 7 + 2. Mais que le lobby touristique l'a vaincu. Le problème de l'encombrement sur les pistes (de ski) vaut-il de perturber les écoliers ?

 

Un professeur évoque les rythmes scolaires qui dictent les rythmes de l'enfant. Tenant compte des transports – des horaires de garderie – du périscolaire elle pense que les enfants passent trop de temps en collectivité. La question reste la disponibilité des familles au-delà des rythmes scolaires. Toutes les familles ne vont pas en vacances d'hiver.

La question de la parentalité est importante pour M. BUTZBACH, il faut responsabiliser les parents, veiller à ce qu'il ne se déchargent pas sur le service public. Il faut en effet éviter les « journées infernales » et vérifier les amplitudes.

 

La demande d'internat existe, des jeunes veulent être encadrés et travailler correctement. C'est également un palliatif pour les « familles qui n'y arrivent pas » (familles décomposées).

 

Un rythme plus favorable est possible en maternelle, un repas à 11 h 45, un repos de 12 h 30 à 14 h permettant un après-midi d'activités plus qu'une sieste interminable.

 

Un professeur déplore la disparition du samedi matin, elle parle de décision néfaste. La durée d'enseignement a été diminuée de 2 h (26 h à 24 h hebdo) pour la plupart. Les programmes se sont alourdis.

Le samedi matin permettait la rencontre avec les parents... etc. (plaidoyer pour le rétablissement du samedi matin).

 

Une question est posée pour modifier radicalement l'architecture des bâtiments scolaires (secondaires ?) afin de permettre aux élèves de « lâcher prise », des temps calmes dans des locaux adaptés.

 

 

Synthèse de M. le Recteur

Remerciements.

La table ronde n°2 nous place sous les feux de l'actualité.

 

Les éléments clefs à retenir :

·         Sujet qui demande une approche globale avec des découpages jour – semaine – année cohérents entre-eux. Il faut aussi prendre en compte et adapter le périscolaire, les transports scolaires. Tout est lié.

·         L'école pourrait être organisée avec 9 demies-journées. Mais ben voir le rythme de l'adolescent, en décalage. Tenir compte d'une « heure de démarrage ». Améliorer les accompagnements, chercher une ingénierie avec les TICE         .

·         Il faut tout aborder, sans tabou (organisation de l'année scolaire, les vacances) et poser la question du niveau de décision, un cadre national avec une déclinaison locale peut-être ?

·         Dans le secondaire revoir le découpage horaire, par exemple à l'Université on est passé de 2 heures à 1 h 30.

·         Revisiter la question des transports scolaires, d'une part leur durée et leur organisation (étoile plus que circuit long) et d'autre part ce qu'on y fait. Imaginer « du service éducatif » pendant le transport.

 

Les questions de l'enseignement en alternance et de l’apprentissage n'ont pas été abordées.



[1]  Illustration à destination des parents avec le décalage de l'adolescent qui commence ses devoir à 22 h 30.

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