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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 15:52

La dépense intérieure d’éducation

La dépense intérieure d’éducation par étudiant

La dépense d’éducation pour l’enseignement supérieur (DIE) comprend l’ensemble des dépenses pour les établissements publics et privés de la métropole et des DOM, pour l’enseignement supérieur et les activités liées : œuvres universitaires, administration, fournitures, bibliothèques universitaires, rémunération des personnels, etc.

Elle ne comprend pas les activités de formation continue.

Depuis 2006 (passage à la LOLF, et regroupement des dépenses d’enseignement supérieur dans le programme 150), elle comprend également le fonctionnement et l’investissement pour la recherche universitaire, ainsi que l’ensemble des charges sociales employeur (participation de l’employeur Etat au régime des retraites de la fonction publique). On a donc une rupture statistique en 2006 : la dépense moyenne par étudiant passant de 7 800€ en 2005, à 8 530€ en 2006, en dépit de la baisse des effectifs.

La France a consacré en 2007 23.7 milliards d’euros à l’enseignement supérieur

(+3.5 % par rapport à 2006, en prix constant). Sur la période 1980-2007, la DIE au profit du supérieur a été multipliée par 2.4, tandis que les effectifs étaient multipliés par 2. La dépense moyenne par étudiant n’a augmenté que de 36 %, durant cette période, alors que la dépense moyenne par élève de l’enseignement, scolaire augmentait de 63 %. La dépense moyenne par étudiant, en France, atteint 10 150€ en 2007, incluant les activités de recherche et développement. Elle est inférieure à la moyenne de l’OCDE : 11 000 équivalents dollars, la moyenne OCDE étant de

11 500 équivalents dollars.

La France est également en dessous de la moyenne pour le calcul du coût d’un étudiant cumulé sur l’ensemble de sa scolarité dans le supérieur : 44 200 équivalents dollars, contre la moyenne OCDE de 47 160 équivalents dollars.

Les coûts par étudiant sont très différents, en France, selon les filières de formation :

CPGE :      13 880 € en 2007

STS :         13 360 €

Moyenne : 10 150 €

IUT :           9 020€

Université : 8 970€

La baisse du coût moyen des élèves pur les IUT (qui étaient au-dessus de 10 000 € en 2003 et en 2004) s’explique par la croissance des effectifs accueillis, aux côtés des préparations de DUT, pour la préparation de licences professionnelles. La DEPP n’a pas d’informations sur des transferts internes de financement des universités aux IUT, pour ces formations.

Il y a lieu noter que le coût d’un élève s’élève à :

  7 960 €   pour un élève du primaire

10 320 €   pour un élève du cycle général et technologique    

10 380 €   pour un élève du cycle professionnel

Ces coûts sont supérieurs à ceux de la moyenne des pays l’OCDE : l’enseignant secondaire français, et notamment l’enseignement en lycée, est l’un des plus couteux du monde ; sachant que l’enseignement primaire est à peine à la moyenne de l’OCDE. Ces chiffres révèlent un choix implicite en France en faveur du second degré, et notamment des lycées, au détriment du supérieur, et dans une moindre mesure du primaire. Les écarts se sont amplifiés depuis 1980 (+ de 70 % pour le second degré, et + de 30 % pour le supérieur), comme l’a souligné le Revue de l’Inspection Générale en 2006.

Les écarts de financement entre les universités et les grandes écoles sont plus malaisés à établir, faute de volonté de calculer le coût des élèves de ces derniers. Les travaux sur ce sujet de la DEPP ou de Jean-Richard Cytermann remontent à plusieurs années ; les plus récents sont ceux de l’Observatoire Boivigny (centre de recherche indépendant), qui aboutissait sur la base des budgets 2002 des grands établissements à un coût supérieur à 50 000 € à l’Ecole des Mines de Paris, à 50 000€ à l’ENA, de 24 à 27 000 € dans les grandes écoles de commerce franciliennes, 12 500 € pour Sciences Po Paris, à peine 10 000 € pour les écoles de commerce en région, 9 400 à 25 800 € pour une école d’ingénieurs, quand les universités étaient entre 4 500 et 8 000€ par étudiant.

Cet aperçu montre une dualité dans l’enseignement supérieur, à travers les financements, entre les « filières de l’élite » (CPGE pour grandes écoles d’ingénieurs, de commerce ou d’administration) et les filières universitaires, avec parmi elles une grande différence entre les filières scientifiques et les autres (c.f. études CPU sur le ratio DGF/étudiants en 2004, 2005 et 2006).

 

La DIE en France est principalement financée par l’Etat ; la répartition en 2007  

      était la suivante :

Etat :                                  72. 9 %

Collectivités territoriales : 10. 7 %

Entreprises :                        7. 4  %

Ménages :                            9. 0  %

Proportionnellement à d’autres pays tels le Royaume-Uni, la participation des ménages à la dépense d’enseignement supérieur est très faible.

La part de l’Etat est doute supérieure dans la réalité à ce qui est énoncé dans le Compte de l’Education : en effet, celui-ci ne prend pas en compte dans la DIE certaines aides directes ou indirectes, qui bénéficient aux étudiants et à leurs familles : soit d’ordre fiscal (majoration du quotient familial), ou d’ordre social, non directement liées au statut d’étudiant (allocation, logement social). Leur prise en compte porterait en 2007 le coût moyen d’un étudiant pour la nation de 10 150€ à 11 270€.

En conclusion, l’analyse de la DIE, pour l’enseignement supérieur traduit une double dualité : scolaire/supérieur, et CPGE-grandes écoles/Universités, avec de fortes différences de financement, liée notamment à l’encadrement en personnels ; la réelle progression des dotations par étudiant universitaire, que l’on doit pouvoir constater ces trois dernières années, ne constituent qu’un rattrapage très partiel des écarts existants au détriment des étudiants universitaires.

  Source : DEPP

  La dépense publique d’éducation prend en compte les dépenses de l’ensemble des acteurs économiques qui sont consacrées à l’éducation : Etat, collectivités territoriales, entreprises, et aussi les ménages.

Les classes préparatoires aux grandes écoles CPGE

Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE)

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Published by david-documents.over-blog.com - dans Enseignement - scolarité
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