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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 08:33

 

Dans la suite de cette conférence, je vais aborder d'une part les structures scolaires alternatives et l'enseignement privé. Ensuite un chapitre sur le soutien scolaire, qui est à la fois un complément du service public de l'éducation et un intermédiaire entre l'école et l'enseignement déterminé par la famille.

Une approche alternative

Les structures scolaires alternatives

Les 5 aspects fondamentaux des structures scolaires alternatives

1. Respecter l'enfant en temps que personne dans tout ce qu'il est

2. Avoir une approche globale des savoirs, amener à une réflexion plus globale non enfermée dans des disciplines

3. Refuser la rupture entre enseignant et éducateur. Il s’agit d’un système : instruction/éducation/organisation

4. S’organiser en collectif / favoriser la collégialité et le travail en équipe

5. Considérer l’apprentissage du « vivre ensemble » comme un apprentissage fondamental

Ecole publique DECROLY

Les méthodes pédagogiques mises en œuvre découlent, pour l'essentiel, des principes élaborés par Ovide DECROLY, principes toujours d'actualité, largement pris en compte dans les textes officiels et pouvant donc s'inscrire dans la construction d'une école du XXIème siècle.

  • Affirmer comme principe fondateur la fonction de globalisation inhérente au psychisme de l'enfant qui perçoit le monde comme un tout.
  • Reconnaître l'enfant tel qu'il est, avec ses besoins, ses intérêts, ses capacités, ses désirs, ses faiblesses.
  • Développer la capacité d'autonomie de l'enfant compte tenu de ses rythmes et de ses besoins.
  • Créer un milieu où l'enfant est accepté dans son affectivité, avec ses questionnements et ses démarches.
  • Permettre à l'enfant la fabrication de ses connaissances en valorisant son activité réelle sans souci de hiérarchisation des disciplines.
  • Réduire la parcellisation du temps afin de favoriser de larges processus d'intégration des outils de savoir.
  • Aider l'enfant à se situer dans une vie de groupe, à travailler avec d'autres, à prendre des responsabilités, à trouver sa place, à discuter les conflits.
  • Tenir compte de l'évolution de la société, stimuler l'esprit critique et approfondir la réflexion pour que l'enfant devienne un adulte autonome et responsable.

Ecole Vitruve  Paris

Vitruve est une école publique (qui existe depuis 1962) située dans le quartier de la Réunion à Paris, dans le XXème arrondissement. C'est une école différente, à l'intérieur de l'Education Nationale, par les projets que les enfants et les adultes y réalisent, par les idées et les travaux qu'ils développent notamment pour ce qui concerne les concepts de "citoyenneté" et "d'autonomie".

Extrait du projet :

Les enfants sont plus éveillés, plus indépendants qu'autrefois mais aussi plus nerveux, plus "discuteurs", plus désobéissants. Ils portent des jugements sur leur entourage, et surtout, la crainte et le respect des adultes n'est plus comme autrefois la base de leur éducation.
Ils vivent dans un monde agité, angoissé. Les échos et les images des violences qui déferlent sur le monde les atteignent chaque jour.


Ils respirent un air vicié, souffrant d'un manque de calme, d'espace, de nature. S'il est vrai que les parents respectent mieux qu'autrefois leur personnalité, par contre, la vie familiale s'est souvent détériorée : bien souvent, la mère travaille, le père ne voit ses enfants qu'une ou deux heures par jour, la télévision prend la place des conversations qui renforçaient les liens familiaux.

Dans ces conditions 1] nous affirmons :

  • Il n'y a pas d'enfants paresseux – mais seulement des enfants fatigués, en mauvaise santé physique ou morale...
  • Il n'y a pas d'enfants insolents – mais seulement des enfants tendus, inquiets ou qui souffrent de solitude morale.
Le travail :

A l'époque des voyages interplanétaires et de l'automation, on estime que l'enfant d'aujourd'hui devra, devenu homme, changer trois fois de métier au cours de sa vie. La société industrielle moderne exige de plus en plus des travailleurs ayant une formation générale étendue, un esprit ouvert, capables de s'adapter à des situations nouvelles, apte au travail en équipe...


Ce qu'on nommait autrefois le "savoir", c'est-à-dire des connaissances encyclopédiques obtenues par bourrage de crâne, travail forcé "bachotage" est devenu aujourd'hui inaccessible étant donné l'étendue extraordinaire de ces connaissances et plus grave, l'enseignement qui y conduisait est incapable d'engendrer les qualités requises par la société moderne.


Ces qualités correspondent à un progrès intellectuel (curiosité, esprit scientifique) et moral (sociabilité) pour les développer :  Il est indispensable de réformer profondément l'Enseignement.

 

L'enseignement privé

 

Dans une décision rendue le 23 novembre 1977, le Conseil Constitutionnel a considéré que la liberté de l'enseignement faisait partie des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.


Trois lois fondamentales fixent le statut juridique des établissements d'enseignement privés :

la loi Goblet du 30 octobre 1886 relative à l'enseignement primaire ;

la loi Falloux du 15 mars 1850 sur l'enseignement secondaire ;

la loi Astier du 25 juillet 1919 sur l'enseignement technique.

 

La loi n° 59-1557 du 31 décembre 1959, dite "loi Debré", a permis de définir les rapports actuels entre l'État et les établissements d'enseignement privés, instituant un certain équilibre. La loi ne reconnaît pas d'« enseignement privé » en tant que tel, mais uniquement une pluralité d'établissements.

Les conditions de création d'un établissement d'enseignement privé

Les règles sont les mêmes pour les établissements du premier degré et du second degré. Les organisateurs sont tenus de déclarer la création d'un établissement privé aux autorités compétentes.

Le statut des diplômes octroyés

L'État détient le monopole des grades et des titres universitaires : les établissements d'enseignement privés ne peuvent donc délivrer à leurs élèves que des certificats de scolarité qui ne sont pas des diplômes. Ils préparent en revanche leurs élèves aux examens officiels en vue des diplômes délivrés par l'État.

Les relations entre les établissements d'enseignement privés et l'État
Les contrats passés entre les établissements privés et l'État

Les établissements privés peuvent être hors contrat, ou bien liés à l'État par un contrat simple (pour les écoles primaires) ou un contrat d'association. L'enseignement est dispensé dans les mêmes conditions que dans le système public, et les professeurs ont la qualité d'agents publics.

Les pouvoirs publics prennent en charge tout ou partie des dépenses de fonctionnement des établissements privés, en échange d'obligations de service public.

Le contrat simple pour les écoles primaires ou spécialisées.

Les classes doivent avoir fonctionné pendant au moins 5 ans, et les locaux doivent répondre aux exigences de salubrité. L'établissement sous contrat simple doit ensuite organiser l'enseignement des matières de base par référence aux programmes et aux horaires de l'enseignement public. Les maîtres sont nommés par l'autorité privée et salariés de droit privé, mais rémunérés par l'État.

Le contrat d'association.

Les conditions préalables sont plus exigeantes : un besoin scolaire reconnu doit exister, les locaux et installations doivent être appropriés. L'établissement est tenu de dispenser les enseignements selon les règles et programmes de l'enseignement public. Les enseignants de ces établissements sont recrutés par concours, selon les mêmes modalités que les enseignants du secteur public.Depuis 1995, les maîtres des collèges et lycées privés sous contrat sont formés dans les I.U.F.M. et recrutés à l'issue d'un concours, le CAFEP (analogue du CAPES ou du C.A.P.L.P.).

Le contrôle de l'État sur les établissements privés

Tous les établissements privés, quelles que soient leurs relations avec l'État, sont soumis à un régime d'inspection.

L'inspection des établissements privés hors contrat se limite aux titres exigés des directeurs et des maîtres, à l'obligation scolaire, à l'instruction obligatoire, au respect de l'ordre public et des bonnes mœurs, à la prévention sanitaire et sociale. Le contrôle sur le contenu de l'instruction obligatoire a été renforcé par la loi n° 98-1165 du 18 décembre 1998.

Le contrôle est plus étendu pour les établissements sous contrat : il porte sur le respect des programmes et horaires d'enseignement ainsi que sur le respect total de la liberté de conscience des élèves. Les enseignants font en outre l'objet d'une notation pédagogique. Les établissements privés sous contrat sont par ailleurs soumis à un contrôle financier et administratif.

 

Le soutien scolaire

Au-delà de la stricte question de l'efficacité, en termes d'amélioration de comportements, voire en termes de résultats scolaires, le développement actuel de l'accompagnement scolaire n'est-il pas l'indice d'une transformation profonde des modes de prise en charge de la jeunesse ?

En France la moyenne hebdomadaire du soutien scolaire par enfant serait comprise entre une et deux heures. Mais quel est l’état des lieux de ce type d'aide à l’étranger ? Les raisons qui poussent les parents à faire suivre du soutien à leurs enfants sont très diverses d’un pays à l’autre. On peut même dire que le soutien scolaire est directement indexé sur les logiques du système scolaire du pays.

Soutien scolaire à l'étranger

Dans certains pays comme la Grèce, le Japon ou la Corée du Sud, le soutien scolaire est intensif car l’entrée dans les grandes universités relève d’un enjeu essentiel. Donc, pour assurer l’entrée à l’université mieux vaut bien se préparer en suivant intensivement des cours de soutien scolaire.

Enfin, la valeur accordée à l’éducation et à une bonne culture en Asie du Sud-est est un autre moteur de la demande en soutien scolaire. A Singapour et en Malaisie, il en existe ainsi des variantes sociales. Les ethnies indienne et chinoise ont plus de chance de recourir au soutien scolaire que les autres élèves et celui-ci est perçu comme un privilège réservé aux catégories sociales les plus aisées.

En Europe, Malte et la Grèce arrivent en tête où respectivement 83% et 69% des lycées ont déjà suivi des cours de soutien scolaire au cours de leur éducation. Ce recours obtient également de bons taux en France (36%) et en Allemagne (21%).

Le soutien scolaire comme ascenseur social

Au final, dans les pays où les places pour réussir sont chères et rares, les parents n’hésitent pas à faire suivre du soutien scolaire à leurs enfants. C’est particulièrement le cas en Asie. Les taux y sont en tout cas deux fois plus élevés que dans certains pays anglo-saxons comme l’Australie.

Le soutien scolaire aux Etats-Unis est comparable dans les chiffres à celui en France et en Allemagne.

Modalités :

Aide aux devoirs ou cours particuliers sont organisé selon le cycle scolaire, avec des programmes annuels – au trimestre ou ponctuel. Des cours pendant les vacances scolaires existent aussi (stages intensifs).

A domicile, des petits groupes ou individuels en « boutique », par téléphone ou corrections personnalisées.

Pour aider l’enfant, préparer des examens, une aide dans certaines matières.

Egalement des cours de langues. Les séjours linguistiques sont proposés par des organismes spécialisés, prenant le relais des échanges linguistiques, entre loisirs et enseignement.

http://www.educasources.education.fr/selecthema.asp?id=87856

Des interrogations :

Quand on voit l'accompagnement scolaire, sous toutes ses formes, toucher des effectifs accrus d'élèves, s'étaler sur une période de plus en plus longue dans la scolarité (du CP au collège, et même davantage), s'étendre à toute l'année en incluant aujourd'hui les vacances (école ouverte), on peut se poser des questions qui débordent largement la stricte efficacité en termes scolaires ou en termes de préparation au métier d'élève.

Au-delà de l’efficacité du soutien scolaire en lui-même, quel son rôle, quelle fonction dans les quartiers populaires et peut-être au-delà, dans la société française de cette décennie ?

 

1) Qu'est-ce que le développement (l'envahissement ?) de ce soutien scolaire dit de l'école ? Quel en est l'effet sur les institutions ?

L'école accueille de nouveaux publics et les enjeux de la réussite scolaire sont plus lourds ; mais que fait l'école pour permettre à ceux qui sont le moins pourvus de ce qu'elle exige de réussir ? L'objectif de « démocratisation » est-il suffisamment accompagné des mesures nécessaires ? En se rapprochant ainsi des autres institutions, en faisant collaborer des « partenaires » scolaires et non scolaires, l'institution se défausse-t-elle sur ces derniers, ou bien entre-t-elle dans un processus de profonde recomposition ?

2) Mode de traitement des problèmes sociaux dans la ville

 

Le développement du soutien scolaire, et l'intervention de plus en plus forte des municipalités dans ce champ, semble indiquer que, de plus en plus, les problèmes des villes, ou plus exactement des banlieues et quartiers populaires, sont vus comme liés à l'échec scolaire.

Et tous ceux qui, aujourd'hui, interviennent sur la ville se sentent tenus d'inscrire, en un rang honorable de leurs préoccupations, les questions scolaires. Actuellement, par exemple, la DIV cherchant à redynamiser la politique des villes, inclut dans ses projets un volet « école ».

Ce qui, avec les meilleures intentions du monde, peut avoir pour effet d'ajouter des actions de plus, des financements de plus, sans que la question de l'opportunité et du sens de cet empilement de dispositifs destinés à aider les élèves soit vraiment posée.


3) Exclusivité de la scolarité ?

 

Tout se passe aujourd'hui comme si les interventions en direction de l'enfance et de la jeunesse ne pouvaient légitimement passer que par la scolarité. Certes, cela traduit une prise en compte des enjeux accentués de la réussite scolaire en termes de placement social et même d'identité sociale.

Mais ce qui pose question est davantage l'espèce d'exclusivité dont semble jouir aujourd'hui la dimension scolaire dans les préoccupations de ceux qui travaillent en direction de l'enfance et de la jeunesse, et spécialement dans les quartiers populaires ; soit directement (aider les enfants à améliorer leurs résultats), soit indirectement (les préparer à l'école, par des actions de compensation culturelle et par de la « socialisation »).


Les enfants et les adolescents n'ont-ils donc de jeunesse que scolaire ? À aucun moment, en posant cette question, on ne songe à nier l'importance pour eux, et spécialement dans les quartiers populaires, de la réussite scolaire, et à dire qu'il leur suffit bien d'être « épanouis ».

Le partage des tâches qui paraît s'être installé entre l'école et sa périphérie semble pousser à cette polarisation voire à cette surenchère permanente dans le domaine scolaire ; alors que l'on pourrait imaginer que ce qui relève du scolaire soit davantage pris en charge directement par l'école (sans lui être aucunement réservé, bien entendu) et que d'autres organismes fassent tout autre chose, il y a du scolaire partout.

L'« école ouverte » est un signe évident de cette polarisation.


Évaluer les effets de l'accompagnement scolaire, c'est aussi prendre en compte la participation de ces dispositifs à une forme de prise en charge unidimensionnelle de la jeunesse. Est-ce qu'on assisterait, au niveau social, à ce processus de « scission » entre des exigences scolaires qui pèsent fortement sur les jeunes et une très large autonomie qui leur est laissée dans le quotidien ? Comme si la seule chose sur laquelle il était, pour les adultes, légitime d'orienter les jeunes, de leur proposer des objectifs, voire de leur fixer des règles, était aujourd'hui le domaine scolaire. L'accompagnement scolaire, ou plutôt son développement foisonnant, serait-il un indice de plus non d'une « crise » de l'éducation au sens large, mais de la transformation profonde des modes de prise en charge de la jeunesse ?

 

La suite demain....

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Published by david-documents.over-blog.com - dans Politiques publiques
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