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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 10:19

Suite de la conférence "Les politiques éducatives"

Le collège - Le collège unique

Le collège unique a été mis en place en 1975. Son but est d'accueillir dans un même type d'établissement tous les élèves de la 6e à la 3e et de leur offrir un enseignement identique afin d'élargir et de démocratiser l'accès à l'éducation.

Cependant, la difficile gestion de l'hétérogénéité des élèves, le bilan contrasté de la démocratisation, l'insuffisante définition des objectifs du collège unique alimentent le débat.

Le collège unique, mis en place en 1975, doit accueillir dans un même type d'établissement tous les élèves de la 6ème à la 3ème et leur offrir un enseignement identique afin d'élargir et de démocratiser l'accès à l'éducation. Les différents types de collèges (CES et CEG), qui existaient alors, ont été unifiés au sein d'une même structure et les filières ont été supprimées laissant la place à des sections dites indifférenciées.

Cependant, la difficile gestion de l'hétérogénéité des élèves, le bilan contrasté de la démocratisation, l'insuffisante définition des objectifs du collège unique alimentent depuis plusieurs années et aujourd'hui plus que jamais les débats. Si l'attachement aux objectifs démocratiques reste important, la nécessité d'adapter le collège unique pour le consolider est mise en évidence par l'ensemble du monde éducatif.

C'est dans cette perspective qu'entrera en application, à la rentrée 2001, la réforme du collège unique du ministre de l'Éducation nationale Jack Lang avec la mise en place des mesures prévues pour les classes de 6ème.

Le collège unique concentre les difficultés parce que c’est d’abord le segment le plus récent du système éducatif. L’école primaire remonte au moins aux lois de Jules Ferry et le lycée à la période napoléonienne. Le collège unique est une construction progressive et plus récente à partir d’éléments différents, comme les petites classes de lycées et l’enseignement primaire supérieur, et de modes d’enseignements déjà existants et très hétérogènes. En outre, dans le modèle qui a finalement été adopté, le collège ne prend pas la suite de l’école primaire, mais décline plutôt les programmes du lycée pour des enfants plus jeunes.

D’autre part, les classes moyennes ne soutiennent plus ce projet de la même façon qu’à ses débuts. Favorables au départ à cette ouverture du système dont elles étaient les bénéficiaires, elles ont aujourd’hui des positions plus défensives face à ce qu’elles perçoivent comme une arrivée massive des enfants issus de milieux populaires et immigrés au collège.

Enfin, les enseignants sont éprouvés par les difficultés persistantes à enseigner dans des classes hétérogènes dans les collèges aujourd’hui.

Les professeurs soulignent la difficulté à gérer des classes composées d’élèves de niveaux différents. Comment peut-on apprécier ce phénomène d’hétérogénéité et est-il bénéfique aux élèves ?

Certains établissements développent aujourd’hui des classes de niveau, ou d’excellence, pour réguler la sélection. Jusqu’au milieu des années 80, une bonne partie des élèves en difficulté quittaient le collège en fin de 5ème. Cette possibilité a été progressivement supprimée sans que les établissements aient les moyens de faire face à ce changement très important : garder tous les élèves jusqu’en 3ème . Ils ont alors développé des politiques internes de gestion de leurs élèves et ont créé des classes d’élite. D’autant plus que cette initiative a été soutenue par les parents, bien qu’ils surestiment en général la portée pédagogique de cette solution.

Les établissements qui ne le font pas ont des classes hétérogènes et certains d’entre eux le revendiquent comme un principe démocratique. Mais ces classes ne sont pas faciles à gérer et les enseignants n’ont pas de formation pour répondre aux problèmes qu’elles posent, notamment avec une pédagogie différenciée.

En fait, il existe une conjonction entre les problèmes pédagogiques rencontrés par les enseignants, celui du chef d’établissement qui perd ses bons élèves et les stratégies des parents, qui aboutit à la mise en place de classes de niveau.

En ce qui concerne l’aspect bénéfique que peuvent retirer les élèves de l’hétérogénéité, les recherches montrent que les faibles perdent beaucoup à être ensemble dans une même classe sans être mélangés avec des élèves de niveau différent. En effet, si le climat entre les élèves et les enseignants est souvent meilleur, ce dispositif ne contribue pas à leur progression. Les classes ne doivent pas non plus être trop hétérogènes car les élèves plus faibles peuvent alors développer des complexes.

En ce qui concerne les élèves plus forts, certaines études montrent une plus grande progression lorsqu’ils sont regroupés tous ensemble et d’autres non.

Un projet d’un Conseil Général CG94

Le Conseil général du Val-de-Marne organise “le printemps de l’éducation”, une semaine de Rencontres et débats autour de la réussite éducative des collégiens.

Il me semble intéressant de citer ces thématiques pour vous faire partager ce qui me semble être l'actualité des collèges actuellement.

Parmi les nombreuses compétences du Département, celle relative aux collèges est importante à plusieurs titres. En effet, il revient au Conseil général d’améliorer les conditions de travail, d’accueil, de sécurité, de restauration, du clos et du couvert dans tous les collèges.

Si l’école ne peut pas tout, elle peut beaucoup

L’éducation et la réussite des jeunes constituent une des préoccupations principales des familles et de l’Exécutif départemental. C’est dans cet objectif qu’a été pensé le projet éducatif départemental, dans la globalité du parcours scolaire et éducatif du jeune, en mettant en synergie l’ensemble de nos compétences et actions au service de la réussite de tous les collégiens.

 

Lutter contre l’échec scolaire et favoriser la réussite de tous

Ce travail de réflexion – réalisé à partir de trois axes : l’exercice de la citoyenneté, le temps de l’adolescence et la parentalité – a permis de définir les contours de l’action départementale.
C’est sur cette volonté d’atténuer les effets des inégalités sociales et territoriales, en mettant en synergie tous les acteurs de l’éducation – parents, associations, Villes – que repose la politique éducative de « Réussir, ils en sont tous capables ». Prendre le pari du « tous capables » marque l’ambition du Département de se placer résolument sur le chemin de l’émancipation.

Thématiques des débats :

  • Le collège de demain, un collège durable pour la réussite de tous
  • Collège et ségrégation urbaine
  • L’informatique et Internet au collège : quels enjeux pour l’accès aux connaissances pour tous ?
  • Pour un service public de la restauration scolaire
  • Comprendre les parcours de « rupture scolaire »
  • L’action culturelle, partie prenante du processus éducatif
  • Rencontre : Ados, familles, école au cœur de l’interculturalité. Quels enjeux ? Quels défis ?
  • L’adolescent et son corps
  • Acteurs de la médiation parentale et familiale dans les quartiers
  • École, familles : comment travailler ensemble pour promouvoir le droit à la réussite de tous les collégiens ?
  • Violence de la société, violence dans les établissements scolaires. Quelles causes ? Quelles conséquences ?
  • Égalité des chances, égalité des droits, égalité des acquis

Source : http://www.cg94.fr/article/18116-printemps-de-l-education-2010.html

Insécurité dans les établissements secondaires

Cette thématique de la sécurité n'a pas été évoquée lors de la conférence du 3 juin à Mâcon.

Les actes de violence recensés dans les établissements publics du second degré en 2008-2009  Les notes d'information - DEPP - N°09.22 octobre 2009

Au cours de l’année scolaire 2008-2009, les établissements publics du second degré ont déclaré en moyenne 10,5 incidents graves pour 1 000 élèves. Avec une moyenne inférieure à 4 ‰, les lycées d’enseignement général et technologique (LEGT) sont moins touchés que les collèges et les lycées professionnels (12 ‰  et 13  ‰). Sur un trimestre, la moitié des incidents se concentre dans 10 % des établissements.

Les violences verbales et physiques représentent les trois quarts des incidents recensés et celles suivies d’un signalement et/ou d’une plainte la moitié. Les élèves sont auteurs dans 85 % des faits et victimes dans 42 %.

La violence des élèves est très majoritairement masculine : les garçons sont auteurs de 77 % des incidents contre seulement 18 % pour les filles. Si les garçons commettent plus d‘agressions physiques, les filles sont plus portées sur la violence verbale.

Garçon ou fille, un élève est en général violent à l’encontre d’une personne de même sexe. 

Les actes de violence recensés dans les établissements publics du second degré en 2008-2009

télécharger (161.43 Ko, pdf)

Données des tableaux et des graphiques

télécharger (68.50 Ko, xls)

La violence scolaire

Nous savons qu'il faut créer des unités pédagogiques à taille humaine encadrées par des équipes stables, favoriser l'engagement des professeurs dans des projets partagés, leur permettre d'assurer une présence éducative dans l'établissement en plus de leurs heures d'enseignement.

(P. MEIRIEU)

Le plan ministériel : Agir contre la violence

La lutte contre la violence à l'École figure parmi les priorités de la rentrée 2009. Pour compléter les mesures et dispositifs de prévention qu'elle met en œuvre, l'Éducation nationale renforce son partenariat avec le ministère de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des collectivités territoriales pour sécuriser les établissements scolaires.

 

Cinq axes d'action contre la violence

1 - Réaliser des diagnostics de sécurité

Les diagnostics de sécurité ont déjà été réalisés dans les établissements scolaires les plus exposés aux phénomènes de violence. Leurs préconisations seront mises en œuvre au cours de l'année 2009-2010 dans les établissements les plus exposés.

D'ici juin 2010, les diagnostics de sécurité sont généralisés dans l'ensemble des collèges et lycées.

2 - Désigner des correspondants pour la sécurité de l'école

Les "correspondants police-gendarmerie sécurité de l'école" sont désignés dans tous les établissements scolaires et dans certaines écoles. Interlocuteurs habituels des chefs d'établissement, ils interviennent dans le cadre d'actions de prévention (racket, drogue...) et en situation de crise. Ils doivent être clairement identifiés par les personnels de l'Éducation nationale.

3 - Organiser des opérations de sécurisation

Les opérations de sécurisation aux abords des collèges et lycées peuvent être menées :

  • à la demande du chef d'établissement et des autorités académiques,
  • à l'initiative des services de police ou de gendarmerie.

4 - Créer des équipes mobiles de sécurité académiques

Dans chaque académie, est créée une équipe mobile de sécurité académique. Composée de 20 à 50 personnes aux profils et compétences complémentaires, avec mission de garantir la sécurité et la protection des établissements scolaires, elle est placée sous l'autorité du recteur auprès de qui est nommé un conseiller sécurité.

5 - Former les personnels

La formation des personnels d'encadrement aux situations de crise intervient dans le cadre d'une convention de partenariat signée entre l'ESEN (Ecole supérieure de l'Education nationale) et l'INHES (Institut national des hautes études en sécurité). Une formation à la sécurisation sera assurée dans les académies dans le cadre de la formation continue.

Les rituels éducatifs

Nous savons aussi qu'il faut mettre en œuvre des activités d'apprentissage où les rapports de force puissent faire place à l'exigence de rigueur, de précision et de vérité, qu'il faut instituer des rituels structurants permettant de faire baisser la tension et de créer l'attention, qu'il faut associer, au quotidien, l'écoute attentive avec la ferme obligation de surseoir au passage à l'acte.

Nous savons, enfin, qu'il faut développer l'éducation artistique et sportive pour permettre aux élèves de métaboliser leur violence intérieure et d'apprendre la maîtrise de soi... Tout cela suppose une véritable formation pédagogique des enseignants et un accompagnement spécifique pour les situations les plus difficiles.

(P. MEIRIEU)

 

La suite est prévue... bonne lecture

 

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Published by david-documents.over-blog.com - dans Politiques publiques
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