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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 00:00

 

Education populaire

 

Définition :

 

L'éducation populaire est un courant d'idées qui milite pour une diffusion de la connaissance au plus grand nombre afin de permettre à chacun de s'épanouir et de trouver la place de citoyen qui lui revient.

Elle se définit généralement en complément des actions de l'enseignement formel. C'est une éducation qui reconnaît à chacun la volonté et la capacité de progresser et de se développer, à tous les âges de la vie. Elle ne se limite pas à la diffusion de la culture académique ni même à l'art au sens large, mais également aux sciences, aux techniques, aux sports et aux activités ludiques, ...

Ces apprentissages sont perçus comme l'occasion de développer ses capacités à vivre en société : confronter ses idées, partager une vie de groupe, s'exprimer en public, écouter, etc.

 

 

Historiquement, une date permet de placer "un point de départ" à l'éducation populaire : avril 1792. En effet, c'est en ce mois printanier que le marquis de Condorcet, mathématicien noble mais engagé, présente un rapport intitulé "l'organisation générale de l'instruction publique". On peut notamment y lire: « tant qu'il y aura des hommes qui n'obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d'une opinion étrangère, en vain, toutes les chaînes auraient été brisées en vain, ces opinions de commandes seraient d'utiles vérités ; le genre humain n'en resterait pas moins partagé entre deux classes : celle des hommes qui raisonnent, et celle des hommes qui croient. Celle des maîtres et celle des esclaves ».

Cette déclaration reconnait à l'éducation une finalité civique: « L'instruction permet d'établir une égalité de fait et de rendre l'égalité politique reconnue par la loi ». Condorcet prône une instruction en deux temps : l'éducation de l'école primaire et l'éducation tout au long de la vie. Notez qu'il s'agit de former des citoyens, capables de s'opposer à toute forme de dogmatisme en gardant un esprit éclairé par Les Lumières. En affirmant que l'individu peut également se former par lui-même, organiser sa perfectibilité, il place sa confiance et la défense de la démocratie dans les mains du peuple. C'est cet idéal que nous transmettons à ce jour, et si les spectres de la révolution ont disparu, les velléités de dogmatisme, de populisme et d'autocratie non malheureusement pas, elles, disparues.

 

Les fondements

Marc Sangnier (1873-1950)  lance un vaste mouvement pour réunir la jeunesse ouvrière et les fils de notables afin de réconcilier les classes laborieuses avec l'Église et la République. En s'appuyant sur les patronages catholiques, Sangnier crée en 1901 des Instituts Populaires qui donnent bientôt des cours et des conférences publiques. Lors du congrès national de 1905, près de mille cercles venus de la France entière sont ainsi représentés. Appuyé par les jeunes prêtres et quelques évêques c'est très vite un succès.

Cependant, le mouvement doit combattre l'opposition de l'extrême gauche marxiste qui parfois perturbe les réunions organisées par Le Sillon ou la presse de l'Action française de Charles Maurras.

Après la première guerre mondiale M. Sangnier ouvre la première Auberge de jeunesse en France, baptisée l'Épi d'Or, construite en 1929 à Boissy-la-Rivière (Essonne).

L'année suivante est fondée à son initiative la Ligue Française pour les Auberges de Jeunesse.

 

Le Front populaire

Mais la menace du fascisme, la « montée des périls » permet l'arrivée du Front populaire et la relance des mouvements d'éducation populaire par les partis de gauche, notamment grâce à l'action du secrétariat d'État aux Sports et aux Loisirs de Léo Lagrange. On voit la naissance des CEMEA (Centre d'entraînement aux méthodes d'éducation active), des CLAJ (Club Loisirs Action Jeunesse) et la relance d'un second réseau d'Auberges de jeunesse.

L'après-guerre :

La guerre puis le gouvernement Pétain conduit à un retour en arrière. Mais très vite on retrouve dans la résistance des hommes et des femmes venus de divers milieux qui pensent de l'éducation populaire d'une France libérée. Peuple et culture est ainsi créée en 1943.

 

Dans leur manifeste de 1945 : « Une culture vivante suscite un type d'homme. Elle suppose des méthodes pour transmettre la connaissance et former la personnalité. Enfin, elle entraîne la création d'institutions éducatives. Ainsi la culture populaire a besoin d'un humanisme, d'une technique, d'une organisation propres - faute de quoi, elle risque de rester prisonnière d'un enseignement périmé. »

Lors d'une réflexion sur la place de la culture, Joffre Dumazedier conceptualise la notion de « développement culturel » pour combattre intellectuellement celle de « développement économique », dans une logique où il s'agit de se forger des armes critiques contre le capitalisme.

À la Libération, on assiste à la naissance de la direction de la culture populaire et des mouvements de jeunesse, puis de la direction de l'éducation populaire et des mouvements de jeunesse au sein de l'Éducation nationale. Le courant laïc considère à ce moment-là que l'école publique est acquise et n'est plus à défendre, qu'il faut travailler autour de l'école.

Le mouvement ouvrier est puissant et organisé. C'est autour du travail dans l'entreprise que s'organise la culture (voir Comité d'entreprise). En lien avec la production, il s'agit d'établir un regard sur la gestion. Naissance de Travail et Culture, de Tourisme et Travail. L'éducation populaire est florissante. La Ligue de l'Enseignement se reconstitue et s'engage à nouveau dans le combat laïc.

 

La Ve République :

Puis l'arrivée de la Cinquième République provoque des modifications importantes : la jeunesse est séparée de l'éducation et est confiée à Maurice Herzog, la culture s'émancipe également sous la tutelle de André Malraux.

En mai 1968, un tournant de l'éducation populaire intervient quand le 25 mai, les responsables des maisons de la culture publient la Déclaration de Villeurbanne :

«(..) nous refusons délibérément toute conception de la culture qui ferait de celle-ci l'objet d'une simple transmission. Non point que nous tenions pour nul, ou contestable en soi, cet héritage sans lequel nous ne serions peut-être pas en mesure d'opérer sur nous-mêmes, aujourd'hui, cette contestation radicale: mais parce que nous ne pouvons plus ignorer que, pour la très grande majorité de nos contemporains, l'accès à cet héritage passe par une entreprise de ressaisissement qui doit avant tout les mettre en mesure d'affronter et de pratiquer, de façon de plus en plus efficace, un monde qui, de toute façon, n'a pas la moindre chance de s'humaniser sans eux. »

L’exigence de transformation sociale est forte, mais très vite une partie de cette révolte est récupérée, étouffée. L'éducation populaire perd de sa force en même temps que le mouvement ouvrier. Les années 1970 voient la naissance de l'animation socioculturelle qui se réclament de la neutralité sans pouvoir en donner une définition précise. C'est également la loi de 1971 sur l'éducation permanente, fortement inspiré du mouvement de l'éducation nouvelle, mais qui n'en reprend cependant que la partie consacrée à la formation, à l'employabilité et oublie la critique de l'action, la démocratie, bref met l'accent plus sur les fins que sur les moyens.

 

De la reconnaissance à l’instrumentalisation

La reconnaissance de l’Etat a été largement revendiquée par les mouvements d’éducation populaire, objet de convoitise, elle est cependant de plus en plus remise en question. Cette reconnaissance institutionnelle, de par les compromis qu’elle suppose, a mis à mal la volonté d’autonomie des mouvements. Régulièrement, le danger de l’instrumentalisation des mouvements par les pouvoirs publics est stigmatisé. Il est vrai que les associations et mouvements peuvent être le relais de l’appareil d’Etat. Ainsi, on peut dire que les rapports Etat - mouvements sont souvent ambivalents.

Aujourd’hui, les critiques de ces mouvements s’adressent à l’Etat qui se désengage, notamment avec la décentralisation, les subventions sont considérablement réduites et les postes habituellement attribués aux grandes fédérations sont supprimés. Ce désengagement a été progressif ; en effet, depuis les années 60, l’éducation populaire est taxée de ringardise. Cette stigmatisation s’est en partie nourrie du clivage entre le culturel et le socioculturel qui prend ses racines avec la politique culturelle de Malraux.

 

Conclusion

Globalement, depuis la deuxième guerre mondiale, l’Etat et les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire entretiennent des rapports ténus, marquant un besoin réciproque, menant parfois à une dépendance pour les mouvements. Cette dépendance aurait généré une diminution d’initiatives et de projets de la part des mouvements qui auraient surtout cherché à répondre aux offres publiques.

A partir des années 60, tout un pan de l’éducation populaire se confondra avec l’animation socioculturelle, l’éducation permanente, les politiques d’insertion…etc. Ainsi, basés au départ sur le militantisme et le bénévolat, les mouvements et les acteurs de l’éducation populaire se voient peu à peu professionnalisés et intégrés à des dispositifs publics. Pour beaucoup d’observateurs, cette évolution marque le déclin de l’éducation populaire : instrumentalisation, professionnalisation, spécialisation, fonctionnalisation.

 

 

 

L’Action française est un mouvement politique français nationaliste et royaliste fondé en 1898 lors de l'affaire Dreyfus par Henri Vaugeois et Maurice Pujo. Ce mouvement patriotique, à l'époque farouchement antidreyfusard et antisémite, antiprotestant et xénophobe eut une influence non négligeable tout au long de la Troisième République.

Le Front populaire, également appelé Rassemblement populaire est une coalition de partis de gauche qui gouverna la France, en principe à partir de 1936 jusqu'en juin 1940 avec le cinquième gouvernement Daladier, bien que le Parti communiste (PCF) en ait été exclu en raison de sa prise de position favorable à l'Allemagne hitlérienne.

Il réunissait les trois principaux partis de la gauche, la SFIO, le Parti radical-socialiste et le PCF (qui soutenait les deux premiers sans participer directement au gouvernement), et une nébuleuse d'autres mouvements. Il fut le premier gouvernement de la IIIe République, dirigé par les socialistes, qui initia plusieurs réformes sociales importantes et constitue encore aujourd'hui un des monuments de la mémoire et de l'histoire de la Gauche française.

On voit des choses bizarres comme la pratique du théâtre amateur restée une pratique d'éducation populaire et donc dépendant de la jeunesse, alors que le reste du théâtre (les professionnels, les « cultureux » pour reprendre le mot, péjoratif, entendu lors du débat par des animateurs socioculturels, ce qui montre bien un fossé) passe à la culture avec Malraux.

 

Léo Lagrange, né à Bourg-sur-Gironde le 28 novembre 1900 et mort à Évergnicourt le 9 juin 1940, est un socialiste français, sous-secrétaire d'État aux sports et à l'organisation des loisirs sous le Front populaire. Membre des Éclaireurs de France dans sa jeunesse, il rejoint la SFIO après la scission de Tours en 1920 et devient rédacteur au Populaire, l'organe de presse de la SFIO. Élu député en 1932 lors du second Cartel des Gauches, il est ensuite nommé sous-secrétaire d'État sous le gouvernement Blum. Il soutient aussi la tenue des Olympiades populaires à Barcelone, organisées en contrepoint au Jeux olympiques de Berlin instrumentalisés par le nazisme.

 

 


Illustration :

 

Les auberges de jeunesse :

Le mouvement qui se construit est laïc et reprend plusieurs éléments au scoutisme, lui aussi en plein essor : la vie en collectivité au grand air, l'autogestion éducative, mais, contrairement à lui, se teinte d'influences communistes et socialistes, voire anarchistes. Les auberges de jeunesse sont aussi, dans l'entre-deux-guerres, un important foyer pacifiste. Par la suite, il perdra son orientation politique et ne gardera que son orientation de mouvement de loisir.

 

Offrir toute l’année un mode d'hébergement économique,

Proposer des activités sportives et culturelles,

Favoriser les rencontres entre jeunes de tous les pays sans distinction de race, de nationalité, d'opinion politique ou religieuse.

 

Public : ouvert aux jeunes, aux groupes et aux familles sans limite d'âge.

Accueil : dortoirs de 8 à 6 lits, chambres individuelles ou chambres de 2 à 4 lits.

 


La suite : -15- L'action de la commune sera en ligne mercredi 23 juin 2010

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Published by david-documents.over-blog.com - dans Politiques publiques
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