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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 10:00

 

Approche historique

Historiquement, il faut attendre la deuxième partie du 20e siècle pour voir apparaître une préoccupation en matière de politique jeunesse.

Dans les années 30, avec le Front populaire, le temps des loisirs se développe, avec la nécessité d’encadrer la jeunesse. L’idée est qu’il faut la contrôler pour éviter qu’elle ne devienne délinquante. L’État développe alors son pouvoir de contrôle.

Sous le gouvernement de Vichy, l’État va élaborer des projets liés aux problématiques de la jeunesse en développant l’agrément des associations.

La IVe République délègue les problématiques de jeunesse aux associations, comme les Francas, les MJC ou Léo Lagrange, qui sont alors très puissantes.

Avec la Ve République, l’État reprend le contrôle, à travers deux axes. D’une part, en développant les équipements de proximité - centres sociaux, MJC, club 1000), d’autre part, en créant le FONJEP (Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire, qui va être le début d’une professionnalisation des acteurs.

Par la suite, la question de la jeunesse ne sera plus jamais aussi fortement portée, mais abordée par le biais des politiques d’insertion, et des politiques de la ville.

À ce jour, on constate un éclatement des politiques jeunesse entre plusieurs secteurs (secteur temps libres, secteur sport, culture, santé, emploi) dans lesquels si les questions de jeunesse sont plus ou moins prises en compte, la jeunesse reste rarement envisagée de façon globale.

Six façons différentes de voir la jeunesse.

Pour analyser les politiques jeunesse, on peut utiliser six idéaux types ou référentiels.

1 - Le référentiel " Familialiste "

L’idée est que la jeunesse ne relève pas du politique, mais reste dans la sphère familiale. Ce référentiel repose sur une représentation des jeunes comme mineurs, donc incapables sur le plan juridique, déresponsabilisés et sans droit propre en dehors de la famille.

à Notre société est encore marquée aujourd’hui par cette idée de renvoyer les jeunes à leur famille.

2 - Le référentiel " Contrôle social "

L’idée est qu’il faut surveiller les jeunes et, au besoin, les punir. On part ici d’une affirmation : les jeunes peuvent être en danger. Cette idée se développe depuis les années 50, notamment à travers la prévention spécialisée. Il faut donc occuper les jeunes pour éviter les dérapages. De cette idée sont nés les contrats vie-ville-vacances.

3- Le référentiel " Insertion économique et sociale "

L’idée est de considérer le jeune comme un problème. Il présente des déficits personnels (échec scolaire, inadaptation au travail...) qu’il faut pallier. Ici, l’origine sociale des difficultés est minimisée au bénéfice d’un traitement individuel des carences.

Ce référentiel est apparu dans les années 80 devant la montée du chômage des jeunes et la volonté d’y apporter un traitement social.

4- Le référentiel " Éducatif "

L’idée est que la jeunesse n’est qu’une question d’éducation. La référence scolaire est dominante. Il n’existe pas d’espace éducatif en dehors de l’école et du service public de l’éducation. L’éducation informelle est peu considérée, de même que le rôle des familles. On peut considérer que ce système pousse les parents à la " démission ".

5- Le référentiel " Développement local "

Référentiel assez récent, qu’on rencontre dans les zones en difficulté, notamment dans le monde rural inquiet du vieillissement de la population et de la faiblesse démographique. Ici, le jeune est perçu comme une ressource, un potentiel indispensable à la survie des territoires. Pour conserver les jeunes sur un territoire, il faut offrir aux familles et aux jeunes des services publics et un temps libre de qualité. La politique touristique est alors également dirigée vers l’accueil de jeunes.

6- Le référentiel " Autonomie "

Modèle récent et progressiste où le jeune est considéré comme un véritable acteur impliqué dans la construction de son parcours, un citoyen en puissance qui peut s’exprimer, participer à la vie publique, s’engager. Ces politiques développent l’accompagnement des initiatives des jeunes et les instances de participation en privilégiant les démarches de responsabilisation.

En croisant ces référentiels avec les différents domaines d’intervention des politiques jeunesse (éducation, logement, santé, sports, loisirs, citoyenneté, transports et mobilité...), on peut construire une grille d’analyse intéressante au niveau local, en incluant le caractère implicite ou explicite des mesures, et les articulations existantes ou non.

Trois modèles de représentation

Par ailleurs, la combinaison de ces référentiels, deux par deux, donne trois modèles de représentation des jeunes.

    famille / éducation : le jeune est un mineur, à élever, à éduquer.

    Contrôle / insertion : le jeune est en difficulté ou dangereux.

    Développement local / autonomie : le jeune est une ressource.

 

Il faut tenir compte des effets de champ (un modèle pouvant influer sur les autres référentiels) et des effets sociologiques (profil socioculturel plus ou moins favorable à la mise en œuvre d’un modèle).

Le contexte démographique peut être déterminant dans l’apparition de certaines dynamiques, de même que la manière de penser le rapport entre générations. Il faut alors s’interroger sur la place que l’on donne aux jeunes et sur la manière plus ou moins équitable avec laquelle ils sont traités.

Ces modèles peuvent aider les institutions à analyser leurs représentations de la jeunesse et à interroger les orientations politiques mises en places ou souhaitables, en fonction des particularités locales.

D’après Jean-Claude Richez - responsable de l’unité de la recherche, des études et de la formation à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep)

Une politique jeunesse réussie :

Huit invariants à considérer :

    1. Pas de politique de jeunesse sans volonté politique.

    2. Nécessité de professionnels qualifiés.

    3. Faire accepter ses projets et missions et non pas créer le besoin selon un appel d’offres.

    4. Créer un multi-partenariat : culture commune à construire (les réseaux de mutualisation de professionnels sont très importants)

    5. Importance de l’éducation non formelle portée par des associations qui est une plus value. Souvent les associations solides sont plus pérennes que les élus et portent donc la mémoire.

    6. Pour les jeunes, la dimension informelle de l’accueil prime sur le projet qui leur est destiné.

    7. Tenir compte de la problématique du logement dans l’élaboration de politiques jeunesse, ainsi que d’une mobilité géographique choisie et sécurisée.

    8. Considérer la jeunesse de façon globale.

 

-- Suite 12 - B

 

et fin - 12 - C


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Published by david-documents.over-blog.com - dans Politiques publiques
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